, ah ! l'on vous sacrait dans un coin de paris, dans une église perdue, pour vous montrer tout à coup aux parisiens tout reluisant d'huile sainte ? -hélas ! dit françois, qui sentait peu à peu la colère du roi, votre majesté ne me laisse pas parler. -pourquoi faire ? dit henri, pour mentir, ou pour me dire du moins des choses que je sais aussi bien que vous ? mais non, vous mentiriez, mon frère ; car l'aveu de ce que vous avez fait, ce serait l'aveu que vous méritez la mort. vous mentiriez, et c'est une honte que je vous épargne. -mon frère, mon frère, dit françois éperdu, est-ce bien votre intention de m'abreuver de pareils outrages ? -alors, si ce que je vous dis peut être tenu pour outrageant, c'est moi qui mens, et je ne demande pas mieux que de mentir. voyons, parlez, parlez, j'écoute ; apprenez-nous comment vous n'êtes pas un déloyal, et, qui pis est, un maladroit. -je ne sais ce que votre majesté veut dire, et elle semble avoir pris à tâche de me parler par énigmes. -alors je vais vous expliquer mes paroles, moi, s'écria henri d'une voix pleine de menaces et qui vibrait à la portée des oreilles de françois : oui, vous avez conspiré contre moi, comme vous avez autrefois conspiré contre mon frère charles ; seulement autrefois c'était à l'aide du roi de navarre, aujourd'hui c'est à l'aide du duc de guise. doudoune moncler beau projet, que j'admire et qui vous eût fait une riche place dans l'histoire des usurpateurs. il est vrai qu'autrefois vous rampiez comme un serpent, et qu'aujourd'hui vous voulez mordre comme un lion ; chapitre xxv - étéocle et polynice. 229 page 235 la dame de monsoreau, tome 2 après la perfidie, la force ouverte ; après le poison, l'épée. -le poison ! que voulez-vous dire, monsieur ? s'écria françois, pâle de rage et cherchant, comme cet étéocle à qui henri l'avait comparé, une place où frapper polynice avec ses regards de flamme, a défaut de glaive et de poignard. quel poison ? -le poison avec lequel tu as assassiné notre frère charles ; le poison que tu destinais à henri de navarre, ton associé. il est connu, va, ce poison fatal ; notre mère en a déjà usé tant de fois ! voilà sans doute pourquoi tu y as renoncé à mon égard ; voilà pourquoi tu as voulu prendre des airs de capitaine, en commandant les milices de la ligue. mais regarde-moi bien en face, françois, continua henri en faisant vers son frère un pas menaçant, et demeure bien convaincu qu'un homme de ta trempe ne tuera jamais un homme de la mienne. doudoune moncler pas cher homme, françois chancela sous le poids de cette terrible attaque ; mais, sans égards, sans miséricorde pour son prisonnier, le roi reprit : -l'épée ! l'épée ! je voudrais bien te voir dans cette chambre seul à seul avec moi, tenant une épée. je t'ai déjà vaincu en fourberie, françois, car, moi aussi, j'ai pris les chemins tortueux pour arriver au trône de france ; mais ces chemins, il fallait les franchir en passant sur le ventre d'un million de polonais ; à la bonne heure ! si vous voulez être fourbe, soyez-le, mais de cette façon ; si vous voulez m'imiter, imitez-moi, mais pas en me rapetissant. voilà des intrigues royales, voilà de la fourberie digne d'un capitaine ; donc, je le répète, en ruses tu es vaincu, et dans un combat loyal tu serais tué ; ne songe donc plus à lutter d'une façon ni de l'autre ; car, dès à présent, j'agis en roi, en maître, en desposte ; dès à présent, je te surveille dans tes oscillations, je te poursuis dans tes ténèbres, et à la moindre hésitation, à la moindre obscurité, au moindre doute, j'étends ma large main sur toi, chétif, et je te jette pantelant à la hache de mon bourreau. voilà ce que j'avais à te dire relativement à nos affaires de famille, mon frère ; voilà pourquoi je voulais te parler tête à tête, françois ; voilà pourquoi je vais ordonner à mes amis de te laisser seul cette nuit, afin que, dans la solitude, tu puisses méditer mes paroles. si la nuit porte véritablement conseil, comme on dit, ce doit être surtout aux prisonniers. -ainsi, murmura le duc, par un caprice de votre majesté, sur un soupçon chapitre xxv - étéocle et polynice. 230 page 236 la dame de monsoreau, tome 2 qui ressemble à un mauvais rêve que vous auriez fait, me voilà tombé dans votre disgrâce ? -mieux que cela françois : te voilà tombé sous ma justice.